AB(SENS)CE

La nouvelle exposition de CHAD (Pierre CHADRU). Galerie Emergenc'Art, route du jardin de Valombreuse, Petit-Bourg, Guadeloupe, du 18 septembre au 18 octobre 2026

HORAIRES D'OUVERTURE DE LA GALERIE : du mardi au samedi de 11h à 17h

PERMANENCES DE L'ARTISTE : 

  • Mercredi 7 octobre de 14h à 19h
  • Vendredi 9 octobre de 14h à 19h
  • Mercredi 14 octobre de 14h à 19h
  • Vendredi 16 octobre de 14h à 19h
  • Samedi 17 octobre de 14h à 19h
  • Dimanche 18 octobre de 14h à 19h (Finissage)

Ma mère n’a jamais été aussi présente dans ma vie, qu’à partir du jour où elle s’est dématérialisée. J’avais alors 16 ans. Elle n’a jamais été plus proche de moi que depuis qu’elle est « partie » : je dialogue avec elle, elle me porte, m’enveloppe de son énergie. C’est son absence qui m’a permis de donner du sens à sa présence d’autrefois, et de tisser un lien indéfectible avec elle, comme une providence. 

Souvent, le deuil ne s’accomplit pas totalement car nous refusons d’accepter la présence devenue non physique, mais tellement plus vivante, un dialogue tellement intense, une fusion que nous refusons le plus souvent, en coupant nous-mêmes ce lien éternel que la vie nous offre…

C’est quand un proche s’absente, s’éloigne, qu’on se rend compte de la place qu’elle occupe en nous, dans notre tête, dans notre « coeur ». C’est finalement l’absence qui nous rapproche de l’autre plus qu’elle ne nous en éloigne. Cette absence de l’être cher, parti pour un autre monde ou pour un autre lieu géographique, peut être ressentie de façon douloureuse, car non acceptée au départ, mais permet au final de combler le vide laissé, grâce à l’énergie et la force du lien énergétique, qui rapproche plus qu’il n’éloigne. 

L’absence de l’autre construit une présence encore plus intense, et la fait vivre en soi, la fait exister pleinement là où sa seule présence physique le réduisait à un corps, à des attentes, parfois inassouvies, à un manque de l’autre qui était bien présent mais paraissait pourtant si inaccessible.

En réalité, les gens ne naissent pas : ils viennent d’ailleurs, d’une matrice de vie. Et les gens ne meurent pas, ils vont ailleurs, rejoindre cette même matrice de vie, ce tout énergétique, qui nous entoure, du plus près au plus lointain, et d’où nous sommes tous issus. Les êtres dématérialisés viennent même quelquefois nous rendre visite. On les croise entre deux dimensions de l’existence, dans nos états de conscience modifiée, nos rêves, nos perceptions métaphysiques. 

Cette matrice de vie, je la figure et la matérialise par cette forme oblongue, symbole du passage, du portail multi dimensionnel, de la connexion entre les mondes, dont il était déjà question dans les hiéroglyphes écrits par nos ancêtres de l’Egypte pharaonique. 

Je peins des êtres immatériels, des présences furtives, des trajectoires de vie, les traces de leur passage, leur silhouette rempli de leurs histoires, de leurs espoirs, de leurs bien-êtres et de leurs mal-êtres. Je peins la densité et l’intensité de leur être émotionnel, sensitif et physiologique : tout ce qui révèle leur véritable existence. Et je peins ces liens invisibles qui nous lient à ces êtres, dans leur plus forte intensité, du plus lointain de nos souvenirs et de nos hérédités. Leur absence d’incarnation révèle leur présence énergétique.